Insécurité à l’Est de la RDC : Banro plie bagages : un millier d’emplois menacés !

RDC

Les réactions ne se sont pas fait attendre après l’annonce, le samedi 28 septembre, de la société aurifère canadienne BANRO de la suspension des  activités de quatre de ses filiales dans l’Est de la République Démocratique du Congo.  Il s’agit de Namoya Mining SA, Lugushwa Mining SA, Kamituga Mining SA et Banro Mining Congo SA.


Banro Mining représente un millier d’emplois dans la province du Maniema.
Pour le gouverneur de la province du Maniema,  Augustin Musafiri Nkola, qui a fait une déclaration le dimanche 29 septembre :  "c’est une perte énorme, beaucoup d’argent que l’Etat va perdre et aussi beaucoup d’emplois que les Congolais vont perdre, donc beaucoup de problèmes pour le pays en général et la province en particulieré ".
Une énorme perte


Quant au président de la société civile du  Maniema, maître Stéphane Kamundala, il se dit très déçu par la  décision de Banro, qui aura des conséquences pour les populations employées sur ces sites et qui, d’après  lui, entrave les discussions de paix avec les miliciens.  » Nous avons reçu cette information de manière inattendue, étant donné que nous étions déjà suffisamment avancés dans le processus de pacification du territoire de Kabambare, déplore le juriste.  "Nous avons rencontré les responsables de la société Namoya et un protocole d’accord a été signé en bonne et dure forme, chose qui a commencé à faciliter les échanges avec les Maï-Maï".


 » C’était la chose qui était sur le point de convaincre les Maï-Maï à déposer les armes et à se rendre, avec beaucoup de conditions. Et tout à coup, Banro pose encore un acte de nature à retarder ce processus en disant qu’ils ont signé ce protocole par contrainte, ce qui n’est pas le cas. Nous ne sommes pas contents de la position de Banro parce qu’elle bloque totalement le mécanisme de pacification du territoire de Kabambare qui était déjà amorcé et qui avançait très bien « insiste Kamundala.


Une insécurité entretenue par des tireurs de ficelle !


Dans une correspondance  adressée à l’inspecteur général du ministère du Travail, l’entreprise parle d’un cas de force majeure,  faisant référence aux harcèlements, raids sur les lignes d’approvisionnements de la Banro et jusqu’à  de fréquentes attaques contre le site minier de Namoya lui-même. D’ailleurs fin juillet, des miliciens avaient kidnappés  quatre employés, parmi lesquels un Sud-Africain et  un Zimbabwéen.  Si bien que le président et directeur général du Groupe, Brett Richards, avait dû  signer un protocole d’accord pour leur libération.


Banro accuse Sheikh Assani et les Maï-Maï d’avoir  » pris le contrôle de la mine et émis des menaces de mort formelles à l’encontre de tout employé de Namoya Mining SA/Banro qui se présenterait au travail « .
Mais certains observateurs voient derrière cette insécurité entretenue les manœuvres de certains tireurs de ficelles dont le souhait était de voir le canadien Banro plier bagages, afin que l’exploitation artisanale et incontrôlée des concessions laissées par cette société leur profité !


Céder la colline Mwendamboko à la communauté locale


Selon le protocole d’accord que Banro affirmé avoir signé par contrainte, la société canadienne doit céder temporairement la colline Mwendamboko à la communauté locale pour que celle-ci y procède à l’exploitation artisanale de l’or. Plus grave encore, c’est le rebelle Sheikh Assani Hazaifa Mitende,  chef des Maï-Maï  Malaïka, qui a été désigné président des creuseurs artisanaux ! Ce hors-la-loi serait donc l’arbre qui cache la forêt dans cette affaire.
Par YHR