Les ministres de la Justice et des Finances enjoints de régler les dossiers de la RDC devant les instances judiciaires internationales

RDC

Kinshasa, 26 juillet 2020 (ACP) .-  Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a instruit les ministres de la Justice et des Finances de prendre, toutes affaires cessantes, les dispositions nécessaires pour régler au niveau des instances judiciaires internationales notamment les différends entre la RDC et certaines firmes étrangères, dans sa communication à la 41ème réunion du Conseil des ministres qu'il a présidée vendredi, par vidéoconférence, à partir de son cabinet de travail de la cité de l'Union africaine, à Kinshasa.

Le porte-parole du gouvernement, le ministre d'État, ministre de la Communication et des médias David-Jolino Diwampovesa-Makelele -ma-Muzingi, l'a indiqué dans son compte-rendu remis samedi, à l'ACP.

Selon le ministre d'État Jolino Makelele, le chef de l'État qui a été informé de l'existence de plusieurs litiges en procédure de fond ou en exécution forcée actuellement pendants devant les instances judiciaires internationales, a déploré le fait que des arrangements à l'amiable a été retenu point été privilégié en ces occasions, ni des dispositions d'honoraires d'avocats payés en temps utiles, avec toutes les conséquences que cela nécessite de préjudiciable pour les intérêts du pays.

«Etant donné que la RDC est en programme avec les Institutions de Bretton Woods, il y a lieu de veiller à ce que toutes ces procédures n'affectent pas les créances octroyées à la RDC par lesdites Institutions, ce qui serait une catastrophe pour l'image de la RDC et pour son économie  », a dit le Président Félix Tshisekedi.

Lors de la 33ème  réunion du Conseil des ministres, le Chef de l’Etat s’était déjà préoccupé des condamnations dont fait l’objet la RDC au niveau des instances judiciaires internationales.

La RDC, rappelle-t-on,  a un dossier judiciaire notamment avec DIG Oil et a été sommée de payer 619 millions USD à titre de réparation pour les dommages subis par cette entreprise qui avait obtenu en 2007 et en 2008 des permis d’exploration pour plusieurs blocs pétroliers dont certains empiètent sur le parc national de la Salonga, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Chef de l’Etat réitère ses instructions d’arrêter la dépréciation du franc congolais

Le Chef de l’Etat a également, dans cette même communication, réitéré  l’instruction qu’il avait déjà donnée au Premier ministre de veiller à ce que le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) qui ont la responsabilité de la stabilité de la monnaie nationale, de prendre les mesures appropriées pour arrêter sa dépréciation.

Tout en déplorant la perte du pouvoir d’achat de la population, principalement des couches sociales les plus vulnérables et des masses populaires laborieuses suite à cette dépréciation, le Président de la République a manifesté sa détermination à s’impliquer personnellement dans le règlement de ce dossier, en exigeant un rapport hebdomadaire à ce sujet.

La situation sécuritaire relativement calme sur le territoire national

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières a, dans son exposé au Conseil des ministres, affirmé que la situation est relativement calme sur toute l’étendue de la RDC.

«Toutefois, certains groupes armés réfractaires au désarmement se sont illustrés par des attaques contre des civils et des positions des FARDC dans les provinces de l’Ituri et du Sud-Kivu où ils ont été repoussés par les forces loyalistes», a-t-il signalé.

Les services de sécurité a-t-il encore dit, sont sur les traces des auteurs de kidnapings avec demande de rançon qui continuent à s’observer dans certaines provinces dont le Maniema, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Il a aussi évoqué les conflits relatifs aux délimitations administratives internes et interprovinciales, pour lesquels il a pris l’initiative de l’envoi sur terrain des équipes d’experts, appuyées par des géographes et topographes spécialisés dans le règlement de ce genre de conflits, pour faire respecter les limites existantes.

L’armée zambienne sommée de quitter les localités congolaises de Kibanga et Kalubamba

Le ministre de la Défense nationale et anciens combattants a, de son côté,  informé le Conseil que la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) a donné 7 jours  à l’armée zambienne pour évacuer ses troupes des localités congolaises de Kibanga et Kalubamba, après examen du contentieux frontalier qui oppose la Zambie à la RDC.

Saisie par la RDC du litige frontalier qui l’oppose à  la Zambie, la SADC a décidé, après examen, que ces localités font partie de la RDC.

La SADC regroupe en son sein seize pays de l’Afrique australe et de l’océan indien : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, République démocratique du Congo, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, Comores.

COVID-19 : la province du Kasaï touchée par un cas

Dans son exposé sur l’évolution de la pandémie de la COVID-19  au 21 juillet 2020, le ministre de la Santé a signalé que la province du Kasaï vient d’être touchée par un cas.

La province du Kasaï est la 15ème  province sur les 26 que compte le pays, à être touchée par le Coronavirus. Le Cumul des cas enregistrés en RDC est de 8.626, 197 décès et 4.790  personnes guéries.

15 sur 26 provinces sont touchées actuellement par cette pandémie, à savoir Kinshasa (85%), Kongo-Central, Sud-Kivu, Haut-Katanga, Nord-Kivu, Lualaba, Ituri, Haut-Uélé, Tshopo, Kwilu, Sud-Ubangi, Equateur, Haut-Lomami, Kasaï et Kwango.

Parlant de l’épidémie à virus Ebola, le ministre de la Santé a indiqué que le cumul des cas est de 62 cas, 27 décès et 19 personnes guéries.

Sept territoires sont touchés, à savoir : Bikoro, Bolomba, Iboko, Mbandaka, Wangata, Loyumbe et Ingende.

10.916 personnes sont vaccinées du 05 juin 2020 au 12 juillet 2020.

Le Conseil décide de l’évaluation hebdomadaire de mesures de mobilisation de recettes de l’Etat

La 41ème réunion du Conseil des ministres  a décidé que les questions relatives à l’exécution des mesures proposées dans le cadre de la mobilisation des recettes des régis financières feront désormais l’objet d’un débat de fond aux Conseils des ministres.

Selon le vice-Premier ministre, ministre du Budget,  les responsables des régies financières (DGDA, DGRAD et DGI) avaient indiqué que les difficultés rencontrées dans le cadre de la mobilisation des recettes sont à la fois d’ordre endogène et exogène.

Approbation du projet pilote « Kin-emploi » pour 10 millions USD en faveur des jeunes désœuvrés

Le projet pilote «Kin-Emploi» présenté par le ministre de la Formation professionnelle, Arts et Métiers, pour 10 millions USD en faveur des jeunes désœuvrés a été adopté par le Conseil.

Initié par son ministère avec l’appui technique  et financier de la Coopération belge d’un coût de 10 millions USD, la contrepartie pour l’Etat congolais qui était fixée à 3%, soit 286.000 USD a été ramenée à 186.507 USD, soit 1,67%.

Ce projet consiste, a expliqué le ministre de la Formation professionnelle, à prendre en charge, sur une période  de 3 à 6 mois, la formation professionnelle des jeunes en difficultés sociales et professionnelles dans différents domaines (Hôtellerie, restauration, tôlerie, mécanique-auto, bâtiment, électricité, informatique, Coupe-coupure, etc.).

Dans un premier temps, a-t-il précisé, la formation concernera les communes ciblées, à caractère urbano-rural et à forte vulnérabilité  et prendra un échantillon de 500 jeunes dits «Enfants de la rue», non scolarisés et/ou déscolarisés, avec ou sans diplômes, âgés de 16 à 35 ans, de même que les personnes vivant avec handicap.

Pour le ministre de la formation professionnelle, ce projet cible cette catégorie des jeunes afin de les rendre autonomes et indépendants, pour réduire la pauvreté et le taux du chômage à Kinshasa.

Le ministre de la Formation professionnelle, Arts et Métiers a également présenté un deuxième projet qui a aussi été adopté. Il s'agit de l'organisation des enquêtes sur les spécificités provinciales et locales en vue de l'élaboration de la stratégie sectorielle de la formation professionnelle en RDC présenté par

Ce projet consiste à mener des enquêtes sur le terrain de la nature à aider la récolte de données spécifiques permettant de cerner la problématique de la formation à l'emploi dont le monde du travail a besoin.

Les partenaires traditionnels dont l'UNESCO et le BIT sont disposés à financer ces enquêtes sur 11 provinces, tandis que la RDC est appelée à financer pour les 15 provinces restantes. ACP / CL / mai