En Afrique du Sud, une décision du Tribunal du travail accroît les risques pour les travailleurs durant le confinement

AFRIQUE

(Agence Ecofin) - Deux juridictions sud-africaines ont rendu des décisions  contradictoires concernant le paiement des salaires aux travailleurs lors du confinement, d'accord le champ libre aux employeurs d'arbitrer. Un risque pour les assurances et les banques, dont les clients font partie de ces travailleurs.

Au sujet du paiement des salaires ou non durant le confinement décidé par les autorités sud-africaines pour limiter la propagation de la covid-19, deux instances juridictionnelles de ce pays ont pris des décisions contradictoires qui visent de peser sur la relation entre les assureurs et leurs clients individus.

Dans une décision prise début juillet 2020, une juridiction en charge des questions de travail a fait savoir qu'une société peut appliquer le principe «pas de travail, pas de salaire» à ses employés bien que cela ne soit pas de leur faute.

Le jugement est inattendu pour le principal syndicat des travailleurs sud-africains, partie prenante de ce litige concernant l'occurrence de l'entreprise Macsteel qui a décidé de ne payer que 80% des salaires de mai et juin 2020. Cette décision est contraire à un prix précédent par la Haute cour de justice de Johannesburg qui a au contraire décidé qu'un restaurant n'a pas à suspendre le salaire de ses employés.

Au cœur de cette bataille judiciaire apparaît des risques pour des secteurs comme celui des assurances et des banques. Si des salariés ne peuvent pas recevoir leurs revenus, cela entraînera des défauts de paiement des intérêts sur les emprunts bancaires, et aussi des suspensions de règlement des primes d'assurance sur divers produits de couverture de risque. Dans les deux cas, cela impactera les performances financières des entreprises de ces deux domaines.

La décision du Tribunal de travail fait apparaître un nouveau risque : que des employeurs pour des raisons de catastrophes graves ne soient plus obligés de payer leurs travailleurs. Deux développements sont attendus de cette situation. La première c'est que les négociations de contrat de travail deviennent plus serrées. La deuxième c'est que finalement, les assureurs qui le peuvent, proposent des solutions de couverture contre certains risques spécifiques qui surviendraient du fait d'une catastrophe de grande ampleur.

La covid-19 a plongé la perception du risque bien au-delà des simples protections contre les incendies, les maladies, ou la bancassurance. La Banque mondiale avait déjà perçu la nécessité de mettre en place un mécanisme de couverture contre des risques liés à des pandémies même si au final, cette solution n'a pas été activée.

Idriss Linge