Le Premier Ministre blâme à son tour le Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République

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Le Premier Ministre blâme à son tour le Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République.

En effet, suite au jeu de ping-pong entre le Directeur de Cabinet adjoint du Président de République et la Ministre ayant la fonction publique dans ses attributions au sujet de l’arrêté à polémique portant mise en place et affectation des Secrétaires Généraux de l’Administration publique, le Premier Ministre Congolais afin de couper court à ce jeu venait de demander à la Ministre de rapporter son arrêté : un geste sans nul doute très appréciable particulièrement car il s’agit d’un remède qui était vivement souhaité via plusieurs de nos publications.

Comme si cela ne suffisait pas, curieusement le Premier Ministre par sa lettre dont la photo en annexe vient d’écrire à son tour au Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République.

À la lumière de cette lettre, il en résulte sans l’ombre d’un doute que le Premier Ministre a bel bien blâmé le Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République.

Ce blâme se résume spécialement dans le deuxième paragraphe de la présente lettre en ces termes : . ».. Je tiens à relever que vous auriez dû approcher directement le Premier ministre…  »
De ce fait, d’emblée, il faut définir le blâme comme consistant à sommer par voie administrative ou verbale une personne qui est sous sa direction pour avoir violer des règles établies.

Or, le Directeur de Cabinet adjoint dans sa lettre avait expressément précisé qu’il agissait sur instruction du Président de la République. Ce qui revient à dire que c’était le Président de la République en personne qui avait agit bien que par personne interposée.

D’où la question de savoir : si un Premier Ministre peut se donner le luxe de blâmer le DIRCABA du Président de la République sachant bien qu’il agit au nom et pour le compte de celui-ci (Président de la République) ?

La réponse à cette question c’est non, d’autant plus que ne peut blâmer que celui qui  détient une autorité hiérarchique sur ses subalternes.

En l’espèce, suivant la Constitution Congolaise telle que modifiée et complétée à ce jour par la Loi de 2011 spécialement en ses articles 90 alinéa 2 et 93, le Premier Ministre n’est hiérarchiquement autorité qu’à l’égard des membres de son Gouvernement et non à l’égard des membres du Cabinet du Président de la République.

Ainsi, bien que les institutions sont appelées à une franche collaboration, il n’est pas permis à un Premier Ministre de faire une sorte de recadrage à un Directeur de Cabinet adjoint soit-il car celui-ci agissant au nom et pour le compte de la Première Institution de la République qui mérite honneur et respect à l’égard des pouvoirs exorbitants lui dévolus par la Constitution précitée en son article 69, quoiqu’ayant commis cette bourde administrative (instruire la Ministre de rapporter l’arrêté).

Par élégance politique, le Premier Ministre aurait dû s’arrêter à demander à la Ministre de rapporter son arrêté à polémique puis attendre le prochain conseil des ministres pour en discuter avec le Président de la République.

De ce qui précède, une fois de plus, nous constatons fort  malheureusement que chacun cherche coûte que coûte à faire peur à l’autre pour des considérations visiblement d’ordre égoïstes et politiquement motivées.

Nous pensons en fin que la collaboration interinstitutionnelle doit demeurer mais en tenant compte de la courtoisie aux fins d’éviter des plus amples crises institutionnelles, lesquelles ne profitent en rien le Peuple Congolaise. Et recommandons que les faits et gestes de nos autorités politico-admnistratives soient teintés d’un sursaut patriotique visant l’intérêt général.

C’est ainsi qu’ensemble et main dans la main nous allons construire un Pays plus beau qu’avant.

Par Patient Bakadiku.

Chercheur en Droit

 

 

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