Décryptage du flou artistique entourant le message du magnat du cuivre congolais Dan Getler

BUSINESS

Lors d’une de ses rares sorties médiatiques ce lundi 16 novembre 2020 l’homme d’affaires israélien Dan Getler a promis aux congolais de désormais bénéficier des profits tirés de l’exploitation des mines de cuivre et de cobalt du Katanga.

Sous une mise en scène presque émouvante, le milliardaire israélien sous sanctions du Département d’Etat américain depuis décembre 2017 pour avoir signé des « contrats miniers et pétroliers opaques et entachés de corruption », déclare que : « C’est la première fois dans l’histoire, que les citoyens congolais seront les bénéficiaires directs de la richesse congolaise. Nous sommes déterminés. Ce plan va démarrer avant la fin de l’année ». À lui de continuer en affirmant qu’ : « Avec l’aide de Dieu, nous sommes arrivés à un point aujourd’hui où nous allons pourvoir partager la richesse des mines de cobalt et de cuivre de la RDC. Tous les Congolais qui deviendront nos partenaires seront payés pour chaque tonne exportée. C’est une première dans l’histoire, que des citoyens congolais pourront bénéficier directement des richesses du Congo ».

Face à l’ombre qui entoure ce message, d’aucuns sont restés sur leur soif pour savoir quand et par quel mécanisme chaque congolais partenaire du projet sera payé pour chaque tonne de cuivre ou de cobalt qui sera exportée, tel qu’annoncé. 

  • Le projet Metalkol

Pour rappel, le projet Metalkol est né d’une jointe-venture signé en janvier 2010 entre la RDC, le Groupe Gécamines et le Groupe Highwind Properties Limited. Initialement le projet était lié à l’exploitation des rejets de Kinganyambo, de la vallée de la Musonoie et Kasobantu appartenant à la Gécamines.

Dan Gertler a acheté les droits de Royalties pour ce projet à la Gécamines en 2017 pour un total de près de 166 millions de Francs congolais.

Le projet sera ensuite cédé au Kazach ERG qui a mobilisé notamment auprès du chinois China Nonferrous Metal Industry’s Foreign Engineering and Construction Company (NFC) 650 millions de dollars pour le financement de l’usine de Metalkol situé à 25 kilomètres de Kolwezi.

  • L’Etat congolais n’a que 5% d’actions dans la société Metalkol SA

La Société anonyme avec Conseil d’Administration METALKOL SA, est constituée conformément au droit de l'Ohada avec un capital social de l’équivalent en Francs Congolais de 20.000.000 USD. Elle est immatriculée au Registre du commerce et du crédit mobilier à Lubumbashi, à titre principal, sous le CD/LSH/RCCM/14-B-1637 et, à titre secondaire, à celui de Kolwezi sous le CD/KZI/RCCM/14-B-049.

Elle a pour objet l’étude e tel traitement des anciens halles et terrils existants, stockés à Kinganyambo, dans la vallée de la Musonoi, à Kasobantu et à Kolwezi, dans la province du Katanga en RDC ainsi que la commercialisation des substances minérales valorisantes contenues.

Dans sa structure capitalistique, on peut s’apercevoir que la RDC ne détient que 5% d’actions non diluables contre 95% d’actions détenues par le consortium des quatre sociétés du Groupe Highwind (Highwind Properties Limited, Pareas Limited, Intérim Holding Limited et Blue narcisses Limited).

Il ressort de cette structure actuelle de cette société que l’État congolais actionnaire ne peut profiter qu’à concurrence de son apport de 5% aux bénéfices à venir annoncés et que 95% reviendraient aux sociétés du Groupe dont le magnat Israélien conserve subtilement les commandes.

  • Pour une ouverture du capital social dans le cadre des nouvelles exigences légales en matière de sous-traitance

Dans l’hypothèse où la société Metalkol exploite certaines de ses activités en sous-traitance, elle est tenue de se conformer à la réglementation en la matière notamment par la détention de la majorité du capital social par des personnes physiques ou morales de nationalité congolaise, l’administration de la société par des organes de gestion majoritairement constitués des personnes physiques congolaises et le personnel doit essentiellement être constitué des personnes physiques de nationalité congolaise.

Ce n’est qu’en application stricte des dispositions des textes juridiques adoptés en matière de sous-traitance que les congolais pourront véritablement bénéficier de la manne des ressources cuprifères dont disposent le pays, en particulier dans le cadre de ce projet.


Notice: Undefined property: stdClass::$readmore in /home/leganews/public_html/templates/ja_teline_v/html/layouts/joomla/content/item/default.php on line 121