L’ONU : une véritable organisation internationale ou une caisse de résonance des USA ?

ANALYSES

«La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique (…). Il faut donc mettre ensemble la justice et la force et, pour cela, faire que ce qui suit est juste soit fort ou ce qui est fort soit juste ».  Blaise Pascal.

La victoire de la seconde guerre mondiale, un donné aux États vainqueurs, le monopole de la conduite de la politique internationale au détriment des États du tiers monde et dont la plupart (pays africains) étaient à cette époque dans le joug colonial. Sauf les forces alliées, tous les restes de pays de cette planète subissent la justice des vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. Voir même l'Allemagne et le japon qui, à cause de leurs passés criminels ont fait en sortes qu'il n'est soit point membres permanents de conseil de sécurité des nations unies.Après la conférence de SAN FRANCISCO qui a institué les nations unies dont l'acte juridique est la charte, plusieurs Etats avaient pris part à ces assises mais seulement cinq sont membres permanents du conseil de sécurité, en l'occurrence les USA, l'ex URSS, la France,

Nonobstant la synergie des forces militaires tout au long de la seconde guerre mondiale, le monde était divisé en deux blocs où deux idéologies s'affrontaient pour mieux se positionner géopolitiquement. Il s'agit concrètement du capitalisme que prônent les USA et le communisme mis sur pied par l'URSS. Tous les Etats étaient rangés derrière ces deux doctrines dominatrices.

La disparition du système léniniste-marxiste avec la chute du parti communiste de l'URSS, le monde est de facto devenu unipolaire. Lorsqu'il est élu secrétaire général du parti communiste, Mikhaïl Gorbatchev avait bel et bien promu des grandes réformes politiques contre la dictature du prolétariat dont la prononciation de la perestroïka et la glasnost. La fin de la guerre froide vers la fin des années quatre-vingt a marqué un grand tournant remarquable à l'échiquier international. L'idéologie capitaliste a pris l'ascendance au préjudice du communiste dont celui-ci est devenu amorphe par le vent démocratique prôné par le dernier dirigeant de l'URSS. Face à cet état de fait, la politique hégémonique des USA avait d' oreset déjà domestiquée toutes nations sur terre.

La super puissance est seule maitre à bord dans la scène politique internationale, elle impose son diktat et les autres États prêtent allégeance, elle dicte la lex americana sans pour autant qu'un État s'y oppose, sa capacité financière et sa qualité de grand bailleur de fonds de l'ONU fait en sorte que l'organisation internationale devienne un magasin d'habillage juridique des projets américains [1] . L'ex secrétaire général de l'ONU Boutros Boutros Ghali a osé contraindre cette tradition néo colonisatrice mais en vain et nous savons les conséquences qui en ont résultés. Le sujet de notre travail sous examen est de savoir si l'ONU est-elle une véritable organisation internationale ou une chambre d 'Pareille interrogation nous pousses a analysé quelques résolutions du conseil de sécurité et l'intervention militaire ou le recours à la force des Etats unis et de ses alliés dans le monde en violation délibérée de la lettre et de l'esprit de la charte.

 

A. CAS DE L'IRAK

I. La résolution 678 de 1990 du conseil de sécurité concernant l'invasion du Koweït par l'Irak

une. Examen et la procédure d'adoption de la résolution 678

La procédure d’adoption des décisions par le conseil de sécurité est fixée par l’article 27 de la charte qui dispose : … les décisions du conseil de sécurité sur toutes autres questions sont prises par un vote affirmatif de neuf de ses membres permanents dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents, étant entendu que les décisions prises aux termes du chapitre VI et du paragraphe 3 de l’article 52, une partie à un différend s’abstient de voter.

L’article 27, paragraphe 3 in fine ne prévoit l’abstention-obligatoire du reste-que pour les membres permanents du conseil partie à un différend et lorsqu’il s’agit de l’adoption d’une décision dans le cadre du chapitre VI. Cet article ne traite pas l’abstention volontaire des membres permanents.

La république populaire de chine ayant décidé de s’abstenir lors du vote de la résolution par le conseil de sécurité, la résolution n’a donc pas été adoptée par un « vote affirmatif » par tous les membres permanents du conseil, comme l’exige l’article 27 de la charte.[2] Mais l’on ne saurait invoquer cette pratique de l’abstention volontaire par les membres permanents du conseil de sécurité pour soutenir l’abstention de la Chine est sans effet sur la résolution 678, car ce serait admettre, comme l’affirme le professeur VIRALLY, « qu’il y a là un cas remarquable d’une coutume modificative d’un traité ».[3] Or, il n’en est rien.  La révision de l’article 27 lors de l’adoption de la résolution 678 est-elle coutumière ?  La réponse elle est négative car « la pratique de l’abstention volontaire des membres permanents ne saurait être considérée comme une coutume internationale parce qu’elle est contestée par la majorité des Etats, et en conséquence, elle ne peut être considérée comme coutume modifiant l’article 27 de la charte ».

b. Examen du contenu de la résolution

Aux termes du deuxième paragraphe du dispositif de la résolution 678, le conseil :

« Autorise les Etats membres qui coopèrent avec le gouvernement Koweitien, si au 15 janvier 1991 l’Irak n’a pas pleinement appliqué les résolutions susmentionnées conformément au paragraphe 1 ci-dessus, à user de tous les moyens nécessaires pour faire respecter et appliquer la résolution 660(1990) et toutes les résolutions pertinentes ultérieures et pour rétablir la paix et la sécurité internationale dans la région ».

Comme en 1950 et à l’initiative du même pays, le conseil met en place un mécanisme différent de celui qui est inscrit dans les articles 42 et 43 de la charte ; mais alors qu’en 1950, il avait invité par la résolution 82 du 25 juin 1950, certains Etats membres à prêter leur concours à l’ONU pour obtenir la cessation des hostilités et le retrait des troupes nord-coréens, cette fois, le conseil franchit un pas historique : non seulement il constate l’agression irakienne au sens de l’article 39,- comme il avait fait jusque –là, uniquement dans l’affaire de Corée-mais décide « d’autoriser » l’utilisation de la force sans son contrôle, par un groupe d’États contre un État membre ayant violé le droit international.

Par ailleurs, ce texte ne fixe aucune limite à la durée du conflit, aucune obligation de tenir informé le conseil de sécurité, aucune contrainte quant aux moyens de destruction ou des dommages causés aux cibles civiles.[4] Il s’agit d’un véritable blanc-seing donné aux États-Unis  et à leurs partenaires dans la coalition anti-irakienne, un précédent grave, illégal et en total contradiction avec la mission de l’ONU qui, selon sa charte, consiste à préserver les générations futures du fléau de la guerre… » et à « créer les conditions nécessaires au maintien de la justice… »[5]. Contrairement à ce qui c’était passé pendant cette crise dans le golfe, lorsque le conseil estime que les mesures coercitives, non militaires sont inadéquates, il peut entreprendre au moyen des forces terrestres, navales ou aériennes toute action qu’il juge nécessaire au rétablissement de la paix (les articles 42, 43 et 47 de la charte).

Tel est le mécanisme prévu par la charte en cas de recours à la force contre tout État ayant violé le droit international,[6] et non pas que les États Unis en fasse un problème personnel pour démontrer au monde entier sa capacité nucléaire et sa nouvelle technologie militaire. Or dans la résolution 678, le conseil de sécurité a décidé d’autoriser les gouvernements qui coopèrent avec le gouvernement Koweitien à « user par tous les moyens nécessaires… ». Ce faisant, le conseil a délégué sans fondement juridique sa responsabilité à un groupe d’États, en violation des articles 39, 42 et 47 de la charte.

Une décennie après la guerre du golfe, d’après les informations que l’ONU possédait, l’Irak à travers sa prolifération d’armes de destruction massive menacé la paix et sécurité internationale. Voilà après une série des résolutions (661, 678,686, 687, 688, 707, 986, 1284 et 1382) à son encontre, nous allons analyser la résolution 1441 du 8 novembre 2002 pour connaitre ses dessous des cartes.

II. La résolution 1441(2002) sur la non-prolifération par l’Irak d’armes à destruction massive et des missiles balistiques à longue portée etc.

a. Contenu de la résolution

La résolution 1441 avait pour objet principal d’interdire à l’Irak de se faire doter d’armes à destruction massive, telle est le libellé du troisième paragraphe de ladite résolution : « considérant la menace que le non-respect par l’Irak des résolutions du conseil et la prolifération d’armes à destruction massive et des missiles à longue portée font peser sur la paix et la sécurité internationale ». Selon l’esprit de ce texte, si l’Irak ne se conforme pas aux prescrits de cette résolution, le conseil de sécurité ferait l’usage de la force en vertu du chapitre VII de la charte.

Le conseil de sécurité l’erreur des mots qu’il avait utilisé lors de la résolution 678 du 29 novembre 1990 sur la guerre du golfe d’ « user de tous les moyens nécessaires », cette fois-ci il a changé en stipulant que « des graves conséquences que l’Irak aurait  faire face s’il continuait à manquer à ses obligations »[7]. A la lecture de cette dernière phrase, que sous entendait le conseil de sécurité par « des graves conséquences » ?  Pour ne pas se voiler la face, l’expression des graves conséquences signifiées une déclaration de la guerre contre un État membre de l’ONU ayant violé une obligation internationale, mais dont dans ladite résolution le mot guerre n’est pas utilisé expressis verbis.

b. La ratio legis de la résolution

Les États unis possèdent un appareil diplomatique efficace, pour arriver à ses fins politiques même dans le cadre des nations unies, ils peuvent comptait du soutien inconditionnel de ses alliés traditionnels (France et le Royaume uni) pour faire passer une résolution au conseil de sécurité. Et pour le cas irakien, la super puissance utilise comme toujours son modus operandi. La raison d’être de cette résolution est tout simplement d’aplanir de façon civilisée une guerre dans le contexte des nations unies contre l’Irak, nécessairement pas l’Irak a tant qu’État mais l’élimination physique avec préméditation de Saddam Hussein.

Les USA et ses alliés déclarent officiellement la guerre contre l’Irak le 20 mars 2003. Six mois après le régime de Saddam Hussein était vaincu, les USA a démontré au monde entier que c’est lui qui détient tous les leviers de la politique internationale et son arsenal nucléaire en est l’une des preuves.

Le parti BAAS et son leader Saddam Hussein ABD al-Majid al- Tikrīt en débandade, celui-ci d’origine sunnite fut arrêté après la chute de son régime. Il est remis derrière le barreau irakien, dans son dossier plusieurs chef d’accusations entre autres : des crimes de génocide dont le massacre de 148 chiites en 1982 et des crimes contre l’humanité[8]. Il est reconnu coupable et condamné à mort par une justice inféodée à la politique des États unis maquiller par la justice irakienne. Il tire sa révérence par pendaison le 30 décembre 2006.

Le peuple irakien avait cru qu’après le décès de leur leader, l’Irak deviendrait la seconde grande puissance mondiale parce que les USA étaient le port étendard de cette guerre, or c’était le début du calvaire irakien. Saddam Hussein dictateur ou démocrate, de son vivant, son pays ne faisait pas face aux réalités qu’il se retrouve aujourd’hui : le terrorisme (Al Qaida) a atteint son paroxysme, l’avènement du groupe Etat islamique avec la radicalisation de la jeunesse au moudjahidine et les tentatives des déclarations d’indépendance des Kurdes irakien à travers le PKK (parti Kurde de Kurdistan). Les USA n’avaient pas mission de faire l’Irak un eldorado au moyen orient, les objectifs fixé était de mettre en place un régime « sous la coupe de Washington » capable de faire amende honorable et de répondre s’il faut aux desiderata de la maison blanche, surtout du pétrole.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les États unis a incombé sous prétexte la responsabilité de ces atrocités à l’Irak de Saddam Hussein, dont ce dernier procédé au financement occulte du terrorisme sans détenir une preuve irréfutable. Or nous savons tous que c’est Oussama ben Laden le numéro un d’Al Qaida qui a appuyé la gâchette. Selon nous, en étudiant méticuleusement le discours de Georges W. bush après le 11 septembre 2001 et tant d’autres déclarations : c’était une façon de responsabiliser Saddam Hussein pour que tard ça serve une justification de la guerre en Irak sous prétexte de la prolifération d’armes à destruction massive.

Richard Clarke chef de l’antiterrorisme des gouvernements de Bill Clinton et de George W. bush a écrit dans son ouvrage, le président Bush dans son discours a déclaré que « … l’invasion de l’Irak n’était qu’une bataille dans la guerre au terrorisme qui a commencé le 11 septembre ». On comprend bien comment, après des déclarations répétées comme celle-ci, 70 % des Américains ont cru que Saddam Hussein avait attaqué le pentagone et les tours du world Trade center. Il a fallu attendre septembre 2003, après l’occupation de l’Irak, après que le vice-président Cheney en ait convaincu face à la presse, pour que le président déclare qu’il n’existait « aucune preuve de l’implication de l’Irak de Saddam Hussein dans les attentats du 11 septembre »[9]. Monsieur Clarke a ajouté ensuite que le président Bush était obsédé par Saddam Hussein. Comme dit un dicton « lorsqu’on veut noyer son chien on l’accuse de rage ».

Nul ne peut en effet se satisfaire du fait que le droit international devienne aujourd’hui, par la volonté d’un seul Etat, un droit aux fondements incertains, au contenu imprécis et à géométrie variable[10]allusion faite aux États-Unis d’Amérique par son influence a domestiqué le jeu politique international. Le droit international est l’ensemble des règles de droit qui régissent les rapports entre États, s’est constitué et développé au fur et en mesure que sont apparus les sujets dont il a dû organiser la coexistence[11]. Le droit de gens régente l’ensemble de la communauté internationale dont dans celle-ci tous États sont  a priori égaux devant les normes internationales à la différence de la société internationale qui, elle à son tours est basée sur des intérêts économiques, politiques, financière, militaire etc.

B. CAS DE LA LIBYE

Entre novembre et décembre 2010, les pays de Maghreb et du nord-Est du continent africain faisaient face à un phénomène dont le quotidien de ces pays n’y était pas accoutumé. La sonnette d’alarme déclenché par un certain tunisien nommé Mohammed BOUAZIZI, marchand ambulant, s’est immolé devant un poste de la police à Tunis à cause de la tracasserie policière en son encontre. Cet acte de BOUAZIZI n’était qu’une goutte d’eau qui a débordé la vase. Commencé en Tunisie, Egypte et puis Libye, ces mouvements de la protestation populaire dénommée « les printemps Arabes » a causé la chute des trois présidents, respectivement de zine al- Abidine Ben Ali, Mohammed Hosni Moubarak et de Mouammar al Kadhafi. Concernant les printemps Arabes, nous allons analyser que le cas libyen parce que nous saluons le courage et la bravoure du guide de la Jamahiriya d’avoir resté et mourir dans son pays en dépit de la pression occidentale.

Le soulèvement populaire libyen déclarant le départ immédiat de Kadhafi a poussé celui-ci d’utiliser la répression comme mode de règlement de la crise. La violation de droit de l’homme perpétrée par le régime libyen n’a pas laissé l’ONU indifférente face à cette situation humanitaire. La crise en Libye s’est empirée en février 2011, la résolution 1970  du conseil de sécurité du 26 février 2011   était adoptée pour prévenir le président Kadhafi de jeter l’éponge, car la population en avait marre de la dictature du guide de la Jamahiriya libyenne. Et c’est par la résolution 1973 que le régime de Mouammar Kadhafi a connu son déclin face à l’armée la plus nanti de l’histoire de l’humanité, l’OTAN[12]. Nul n’ignore que la mission principale de l’ONU est de maintenir la paix et de la promouvoir, en employant des moyens pacifiques conformément à l’article 33 alinéa 1er de la charte, notamment la médiation entre les parties en conflits. Le recours à la force n’intervient que de façon exceptionnelle c'est-à-dire après avoir vidé les moyens pacifiques des règlements de conflits.

Au moment où le cas de la Libye ne cesser d’être débattu à l’ONU, une rébellion voit le jour à Benghazi le 27 février, deuxième ville du pays, qui regroupe les anciens cadres du régime Kadhafi. Le congrès national de transition (CNT) soutenu mordicus par la France avait tous les moyens nécessaires pour atteindre tripoli. Dirigé par Moustafa Abdel JALIL, Abdel-Hafiz GHOGA et Mahmoud Jibril. Vu les circonstances humanitaires urgentes que sévissait au Jamahiriya Arabe libyenne, le conseil de sécurité s’est conformé à l’article 24 § 1ER  de la charte de l’ONU qui dispose  qu’ « afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’organisation, ses membres confèrent au conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale et reconnaissent qu’en des devoirs que lui impose cette responsabilité le conseil de sécurité d’agir en leur nom »[13] , voilà comment  l’OTAN a intervenu par la manu militari en Libye sous mandat de l’ONU.

Dans le cadre de cette étude, l’auteur (Armel NDEVULA KAMANGO) s’est posé deux questions majeures ci-après :

  1. Quel est fondement juridique de l’intervention de l’OTAN en Libye ? et
  2. Le champ d’application de la résolution 1973 ?

A. Fondement juridique de l’intervention de l’OTAN en Libye

Compte tenu de la première question, l’intervention de l’OTAN en Libye trouve sa base juridique à l’article 53 § 1 de la charte. Et dans le même paragraphe il est aussi stipulé que c’est le conseil de sécurité qui donne l’aval à toute action coercitive conclue sur base d’accords régionaux ou sous régionaux. Dans cette optique, le conseil de sécurité n’a point violé la charte. L’intervention de l’OTAN viol-t-elle le sacro-saint principe de non-ingérence prévue par la charte ?  Il est inconcevable de parler d’ingérence en cas de conflit interne d’autant plus que, les États et les peuples possèdent les droits de disposer d’eux-mêmes. Mais seulement, les nations unies interviennent, à travers des mesures coercitives prévues dans le chapitre VII, quand ces conflits internes portent des graves atteintes à la paix et à la sécurité internationale. Ce qui justifie la responsabilité principale, que la charte de l’ONU accorde au conseil de sécurité.

François Mitterrand l’a bien dit que « l’obligation de non-ingérence s’arrête à l’endroit précis où nait le risque de non-assistance ». Les pays du tiers monde où la démocratie n’est encore un processus et un objectif à atteindre, utilisent la souveraineté comme bouclier pour appliquer et justifier une dictature déguisée en démocratie de façade à l’encontre de sa population, et « dans certaines situations, la souveraineté sert d’alibi à une dictature établie » tel a était le cas au Jamahiriya Arabe libyenne.

B. Champ d’application de la résolution 1973

Concernant la deuxième interrogation celle de savoir le champ d’application de la résolution 1973, son applicabilité était de protéger les populations civiles libyens de sévices de M. Kadhafi, la résolution 1973 prévoyait notamment la zone d’exclusion aérienne sans le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit. L’opération d’intervention débutée le 22 mars avec la coalition de 4 pays : la France chef de fil, le Royaume Uni, les USA et le Canada sous le contrôle de l’OTAN. Parmi tant d’objectifs prescrits dans la résolution 1973, l’un et le plus important était « la protection de civile » qui faisait face aux atrocités du régime Kadhafi. Mais la réalité sur terrain apparait autrement, les motivations politiques ont prédominées aux motivations humanitaires.

Les dessous des cartes de l’OTAN étaient d’anéantir les forces armées de M. Kadhafi par des frappes aériennes pour permettre aux insurgés du conseil national de transition d’atteindre facilement Tripoli. Le CNT appuyer mordicus par la France de N. Sarkozy a réalisé son rêve de faire basculer le régime de Kadhafi, 42 ans après son accession au pouvoir, celui-ci tué par les forces du CNT le 20 octobre 2011 à syrte son village natal. Le rôle du CNT s’achève le 8 aout 2012, quand il transmet le pouvoir au congrès général national.

La France le port étendard de la guerre entre le CNT et le régime Kadhafi, a reçue gain de cause après la chute du guide de la Jamahiriya Arabe libyenne. Elle était le premier pays à reconnaitre le CNT et N. Sarkozy est parmi le premier président de notre planète à recevoir de manière officielle un leader d’une rébellion, Mahmoud Jibril au palais de l’Élysée. La crise libyenne, N. Sarkozy en a fait un problème personnel entre lui et M. Kadhafi ainsi que le fils du leader SEIF al islam Kadhafi. Surtout après le propos incendiaire tenu par SEIF à la télévision à l’égard du président français. Le fils de Kadhafi à travers son message, a mis le feu aux poudres à ce conflit.

                                                               CONCLUSION

Les printemps Arabes n’a seulement pas touché le Maghreb et le nord-Est de l’Afrique. Ces soulèvements populaires sont allés jusqu’en Asie également en Syrie et au Yémen. Ces protestations populaires commencé en Tunisie, a causé la chute de Ben Ali, puis en Égypte l’exil d’Hosni Moubarak et ensuite en Libye avec comme conséquence la chute du régime et la mort du guide libyen. En Asie, ce soulèvement a conduit seulement à la chute du président yéménite à la personne d’Ali Abdallah Saleh, tandis que le président syrien Bachar al Assad en est une exception à la règle.

Pour le cas syrien, la responsabilité de protéger la population civile évoquer par l’ONU concernant la Libye n’est pas à l’ordre du jour dans la crise syrienne. Alors le nombre des morts ne cesse d’accroitre chaque jour, l’idée d’une intervention pour protéger la population civile semble être bloquée par le veto russe et chinois. Nous pouvons donc déduire qu’au conseil de sécurité, seuls les intérêts des grandes puissances prédominent sur la sécurité internationale.

La grande distinction qui existe entre le droit international général et les relations internationales au sens matériel ou fonctionnel. Pour le premier, il a pour objet de mettre sur pied un arsenal des règles juridiques dans la sphère internationale enfin que tous les États soit égaux devant les normes établies et de s’y conformées. A contrario, les relations internationales est une course aux intérêts d’États dont le plus nanti remporte la compétition, comme Charles de gaule l’a souligné, qu’ « en diplomatie il n’y a pas d’amis que des intérêts d’États ». Les membres permanents du conseil de sécurité se rangent toujours là où leurs intérêts prévalent.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et tant d’autres dirigeants politiques taxer des dictateurs par l’occident, de leurs vivants, la situation socio-économique de leur pays n’étaient pas comme aujourd’hui. Les marasmes économiques ; chaque portion territoriale de ces pays est dirigée par les bourreaux qui possèdent des moyens militaires nécessaires pour contrôler la région ; le terrorisme : Al Qaida, groupe Etat islamique. Si Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi sont mort dans des pareilles conditions, c’est parce qu’ils n’avaient pas le soutien des grandes puissances comme c’est le cas de Bachar Al Assad. Ce dernier est exempté de la chute parce qu’il a la Russie derrière, si ce n’était pas le cas, il a allé subir ce que ces frères Arabes ont connus.

Aujourd’hui le peuple libyen, irakien regrettent les années passées ensemble avec   leurs leaders. Délaissés jusqu’à leur triste sort, la Libye est devenue le principal bastion de l’Etat islamique en Afrique, pourtant six ans avant la mort du guide de la Jamahiriya, la situation sécuritaire, socio-économique etc. n’étaient pas un miracle, et il en est de même en Irak de Saddam Hussein. Quel sont les efforts que les USA fournissent pour le peuple irakien ?  La France l’instigateur de la chute de Kadhafi, quels sont les apports tant matériels, financiers et diplomatiques que l’Hexagone mettent à la disposition de la Libye de l’après Kadhafi ? Négatif. Les cas libyen et irakien doivent nous servir d’exemple nous peuple africain et d’autres pays moins avancés qui subissent la politique hégémonique des États unis.

Après la décolonisation des pays africains, le peuple de ce continent avait cru imo pectore que l’Afrique serait totalement indépendante, or une autre forme de la dépendance venait de voir le jour. Si réellement l’ONU a pour mission de maintenir la paix et sécurité internationale, pourquoi dans les quatre coins du monde les guerres ne cessent de naitre ? Le néo colonialisme ou l’impérialisme est un fait réel que nous vivons avec dans nos quotidiens. Les guerres, les rebellions, les guérillas, les coups d’États la plupart sont entretenues par les États unis. Lorsqu’un Etat ne se conforme plus à la ligne de conduite occidentale, il ne bénéficiera d’aucun privilège de ces grandes puissances notamment les prêts accordés par les institutions de Brettons Wood (le FMI et la banque mondiale) ainsi que les dons et legs de la part des grandes ONG.

L’Afrique est le continent qui a beaucoup souffert post christum natum, le développement de ce continent ne viendrait pas de l’occident mais entre nous africain car on ne cherche pas la solution là où le problème à était créer dixit Albert Einstein. La souffrance africaine est premièrement d’ordre religieux, politique ensuite juridique. Pour n’est pas entré dans la polémique entre religion dite importée et religion purement négro Africain, mon analyse reste d’ordre politique et juridique.

*Problème d’ordre politique :

Le manque de maitrise de la res publica d’aujourd’hui est d’ordre politique parce que la source du pouvoir politique de nos dirigeants n’émane pas du peuple, mais plutôt de l’extérieur. Les dirigeants africain au lieu de puiser la légitimité du pouvoir au peuple, eux  la cherchent plutôt soit à la maison blanche, à l’Élysée, 10 downing street et parfois même au Kremlin. Un autre problème est les idéaux de nos partis politiques, il y a de ceux qui confondent même l‘idéologies qu’ils prônent et sans comprendre l’essence des connotations qu’ils octroient à leurs partis. Par exemple, on rencontre dans un même parti : les conservateurs et les ultralibéraux ; les socialistes et les écologistes ; les nationalistes avec les travaillistes ; les libéraux et les communistes, les uns envers les autres cohabitent sans partager les mêmes convictions idéologiques. C’est cette confusion doctrinale qui est l’une des causes du retard de l’avancer de l’Afrique. Voilà pourquoi nous encourageons les partis panafricanistes et nationalistes puis qu’ils définissent les valeurs purement africaines.

*Problème d’ordre juridique :

En Afrique et partout ailleurs, les lois fondamentales souffrent de l’identité originelle c'est-à-dire les constituants africains n’élabore pas les textes selon les réalités sociales, la coutume locale et les valeurs ancestrales d’un pays à un autre. Le pouvoir constituant originaire des pays africains au lieu de mettre sur pied une constitution selon les habitudes et l’historique de son peuple, lui fait le mimétisme constitutionnel en provenance de l’occident, sans pour autant connaitre son contexte historique d’élaboration, sa raison d’être et sa contrainte au sein d’un Etat. Raison pour laquelle dans le chef des constitutions africaines, certes il n’y a pas le constitutionnalisme, de tel enseigne que la « constitution sans culture constitutionnelle n’est que ruine du constitutionnalisme ».

Élaborer une constitution en se référant aux principes traditionnels de son pays, aux habitudes laissées à travers les temps qui ont force des lois, garantit de plano le caractère identitaire de son peuple. Nul ne peut ignorer que de nos jours, toutes les constitutions africaines de l’expression francophone sont inspirées de la constitution française du 4 octobre 1958. Il en est de même des constitutions anglophones qui trouve sa source d’inspiration ainsi que le régime politique applicable à la constitution de Philadelphie des États unis d’Amérique.

Il n’existe pas une justice parfaite dans ce bas monde, les pays les plus industrialisés utiliseront comme modus operandi l’impérialisme pour imposer leur diktat dans l’ordre politique international. Même l’ONU qui est une organisation internationale à compétence universelle n’arrive pas à barricader les velléités politiciennes des USA et de ses alliés. Ce monde qu’on le veule ou non tourne autour des États unis comme la terre tourne autour du soleil.  Le cas illustratif est lors du pacte de la société des nations (SDN) de 1919, les États unis l’a signé mais le sénat américain a a fortiori refusé de ratifier l’acte, l’événement qui a suivi c’était le retrait massif d’États à la SDN qui en était aussi l’une de cause qui a déclenché la seconde guerre mondiale. Nous affirmons haut et fort après maintes recherche, à travers les résolutions du conseil de sécurité que les États unis ont influencé, ses relations avec d’autres nations sur terre, sa domination géopolitique sous le nez de l’ONU, que celle-ci ne qu’une chambre d’enregistrement des décisions prisent par les USA.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Documents officiels

  1. Charte des nations unies du 26 juin 1945 ;
  2. Résolution 678 du conseil de sécurité des nations unies, 29 novembre 1990 ;
  3. Résolution 82 du conseil de sécurité des nations unies, 25 juin 1950 ;
  4. Résolution 1441 du conseil de sécurité des nations unies, 8 novembre 2002 ;
  5. Résolution 1970 du conseil de sécurité des nations unies, 26 février 2011 ;
  6. Résolution 1973 du conseil de sécurité des nations unies, 17 mars 2011.

 Ouvrages

  1. ALEDO LOUIS-A., le droit international public, éd. Dalloz, Paris, 2005.
  2. Clarke R., contre tous les ennemis, éd. Albin Michel, Paris, 2004.
  3. DJIENA WEMBOU M-Cyr., le droit international dans un monde en mutation, essais écrits au fil des ans, éd. L’harmattan, Paris, 2003.

 Articles, revues et autres

  1. CHEMILLIER-GENDREAU M., que devienne enfin le régime de la loi internationale, in le monde diplomatique, janvier 1991.
  2. DJIENA WEMBOU M-Cyr., le droit d’ingérence humanitaire : un droit aux fondements incertains, au contenu imprécis et à géométrie variable, in 4, RADIC, 1992.
  3. FALK R., les nations unies sous la coupe de Washington, in le monde diplomatique, février 1991.

Webographie

      Www. Wikipédia.com

          

[1] Chemillier-Gendreau, M., que devienne enfin le régime de la loi internationale, in le monde diplomatique, janvier 1991, P.19.

[2] DJIENA WEMBOU M-Cyr, le droit international dans un monde en mutation, essais écrits au fil des ans, éd. L’harmattan, Paris, 2003, p.94.

[3] VIRALLY M., cité par DJIENA WEMBOU M-CYR., op.cit. p.94.

[4] FALK R., les nations unies sous la coupe de Washington, in le Monde diplomatique, février 1991, P.3.

[5] Préambule de la charte des nations unies.

[6] Il s’agit bien sûr des États membres et non de l’ONU, à l’exception des membres permanents du conseil de sécurité contre lesquels aucune action coercitive n’est possible puisqu’ils disposent du droit de veto qu’ils n’hésiteraient pas à utiliser pour bloquer le vote de toute décision qu’il leur serait hostile.

[7] § 16 point 13 de la résolution 1441 du conseil de sécurité des nations unies du 8 novembre 2002.

[8] Source électronique.

[9] Clarke R., contre tous les ennemis, éd. Albin Michel, Paris, 2004, p.334.

[10] DJIENA WEMBOU M-C., le droit d’ingérence humanitaire : un droit aux fondements incertains, au contenu imprécis et à géométrie variable, in 4, RADIC, 1992, PP.570-591.

[11] ALEDO louis-A ., Le droit international public , éd. Dalloz, Paris, 2005, P.4.

[12] OTAN: organisation du traité atlantique nord.

[13] Article 24 de la charte de l'ONU du 26 juin 1945.