Comprendre la sextorsion commise sur les réseaux sociaux

JUDICIAIRE

La protection de la vie privée des personnes physiques se déploie dans tous les domaines d’une manière générale et plus particulièrement dans l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, qui à l’ère actuelle, est source des multiples abus ou manquements qui se matérialisent par la commission des infractions ontologiques, c’est-à-dire celles liées à l’essence même de l’informatique et des infractions de droit commun mais facilitées par cette dernière (ce qu’on appelle la cybercriminalité).

Or, ces abus, se commettent de plusieurs manières ou techniques, notamment par la loterie internationale, l’hameçonnage, la sextorsion, etc. Les réseaux sociaux renvoient à l’usage social d’internet ainsi qu’aux services de réseautage social qui peuvent se définir comme l’ensemble des moyens en lignes mis en œuvre pour relier les personnes physiques ou morales. Facebook, créé en 2004, est le plus connu d’entre eux, et le plus utilisé à ce jour.

Face à cette recrudescence des manquements perpétrés sur les réseaux sociaux, où plusieurs personnes sont victimes du chantage de leurs images à caractère érotique ou sexuel, il est impérieux de comprendre ce qu’on attend par la sextorsion ainsi que ses conséquences dans la vie de la population. C’est dans cette perspective que nous nous proposons dans un premier temps à définir le concept sextorsion (1), avant d’aborder ses modes opératoires (2), et enfin, énoncer quelques conséquences qui en découlent (3), puis viendra une conclusion (4).

  1. Définition de la sextorsion

La sextorsion, est un terme né du rapprochement des termes sexe et extorsion (extorquer le sexe). Elle s’appelle aussi chantage (celui-ci désigne un moyen de pression exercé sur une personne pour soutirer de l'argent) à la webcam (caméra, vidéo web). Elle est entendue aussi comme le fait de soutirer de l’argent ou des images à connotation érotique ou pornographique à autrui, sous la menace d’une diffusion sur les réseaux sociaux (Facebook, twitter…) d’informations, de photos ou de vidéos personnelles. Il s’agit de l'extorsion via internet de faveurs sexuelles ou monétaires. Dans ce phénomène, il faut le noter, c’est le sexe qui est utilisé pour un chantage.

Sous d’autres cieux, la sextorsion est un crime (infraction) qui consister à extorquer les faveurs sexuelles, c’est-à-dire, les images à caractère sexuel. Elle appartient à la famille des arnaques à la nigériane, c’est-à-dire des escroqueries par l’intermédiaire de messageries électroniques ou réseaux sociaux abusant crédulité des internautes et dont le but est d’obtenir de l’argent ou des données personnelles.

Nous avons remarqué depuis plus longtemps que, la plupart des auteurs (les filles) de ces abus sont souvent situés en Afrique de l’Ouest, notamment Bénin, Côte d’Ivoire ou Nigeria. Dans leur profil, vous constaterez des photos des blanches. La grande majorité des victimes de sextorsion sont des hommes.

  1. Quels sont les modes opératoires de la sextorsion ?

Pour sa commission, l’iter criminis (le voyage vers le crime) de ses auteurs se réalise en deux étapes.

Premièrement, la victime est contactée par le biais d’un site de rencontre ou de réseaux sociaux (exemple de Facebook, Messenger, WhatsApp…), l’escroc se fait passer pour une femme en proposant une discussion intime sur la messagerie instantanée (Skype, WhatsApp), puis un déshabillage de webcam à webcam. C’est-à-dire, qu’elle vous demander si vous utilisez WhatsApp, dans l’affirmatif, elle vous demande le numéro de téléphone.

Ainsi, pour mettre en confiance son interlocuteur, l’escroc diffuse l’extrait préalablement volé à la place de l’enregistrement de sa propre webcam, faisant ainsi croire que les images vues par la victime montrent ce qui se passe au domicile de l’arnaqueur. Le prétexte d’un problème de son de la webcam est donné pour tromper la victime. Une fois la conversation amorcée, elle demande si vous êtes seul à la chambre ou au bureau. Si c’est oui, elle vous appelle sur appel vidéo, où elle est nue. Ces filles vont loin même pour demander aux hommes de se masturber. Chose grave, pendant ce temps, elle enregistre la vidéo ou les images à caractère sexuel.

En clair, lorsque la victime montre des parties de son corps ou effectue certains actes (masturbation par exemple), l’escroc sauvegarde ces images, puis met rapidement fin à la conversation.

Deuxièmement, l’internaute reçoit des menaces, bien souvent par e-mail, WhatsApp, Messenger. L’escroc demande l’envoi d’argent par mandat cash, c’est-à-dire transfert de fonds par le biais des services postaux (Western Union ou Money gram), sous peine de diffuser les images compromettantes qu’il a enregistrées. Or, d’habitude même si la somme demandée est versée, la vidéo est habituellement publiée sur le net ou réseaux sociaux et se retrouve référencée sur les moteurs de recherche, dont Google.

En effet, si la victime ne coopère pas, des faux mails et documents de la police ou de la justice peuvent aussi être envoyés (par le biais d’adresses de messagerie en Yahoo, Gmail ou Hotmail), exigeant le paiement d’amende. De même, afin de pousser la victime à céder au chantage, l’escroc peut mentionner la pédopornographie dans le titre de la vidéo qui sera diffusée. De plus, si les coordonnées Facebook de l’internaute sont connues, menace peut être faite de prévenir les proches.

Nous nous souviendrons qu’en RDC, l’ancien Président de la République, Joseph KABILA KABANGE avait révoqué un Vice-ministre victime de la sextorsion.

  1. Quelques conséquences de la sextorsion

Conséquemment, cette escroquerie se fonde sur la peur et la honte. La victime craint souvent d’être considérée par le public et ses proches comme un pervers ou immoral. Du fait du caractère intime de l’extorsion, la situation n’est donc pas dénoncée. Cette inquiétude peut se transformer en angoisse, et entraîner une dépression, voire un suicide.

Les conséquences, en cas de diffusion de la vidéo sexuelle sur les réseaux sociaux peuvent aussi être professionnelles (révocation) et sociales, car le référencement sur les moteurs de recherche peut amener n’importe qui à tomber sur ces images.

  1. Conclusion

Notre exhortation consiste à conseiller aux amis utilisateurs des réseaux sociaux de se méfier à donner ou laisser les numéros téléphoniques sur les publications de certaines personnes qui demandent aux autres de correspondre via WhatsApp. Voire, la plupart des téléphones actuels, sont dotés des webcams avant ou arrière permettant de communiquer par appel vidéo (Viber, Imo, Google Talc, Facebook, …). Ce qui facilite la sextorsion.

Logiquement, il n’est pas interdit d’entrer en contact ou échanger avec certains amis, mais le faire avec précaution est une bonne chose. Comment vous pouvez donner le numéro de téléphone à une personne qui ne vous connait pas ? Qui ne vit pas avec toi dans une ville, quartier, pays ?