Kengo wa Dondo ou Léon Lubicz : l’actuel deuxième personnage de l’Etat

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Léon Lubicz a vu le jour le 22 mai 1935 à Kigali d’un père juif polonais et d’une mère rwandaise tutsi nommée Marie-Claire Mokandesi.

Son père Lobicz, un médecin juif polonais recruté pour combattre les maladies tropicales sera renvoyé en Belgique par l’administration belge à la suite de la naissance de Léon. Sa mère rencontrera ensuite un militaire congolais en mission au Rwanda-Urundi.

A la fin de sa mission, ce dernier, monsieur Gbongo ramène l’enfant et sa mère avec lui à Libenge, dans la province de l’Équateur, au Congo belge (actuellement RDC).

Né Léon Lubicz, il changea son nom en Kengo Wa Dondo en 1971, suite à la campagne de « zairianisation du président Mobutu.

Scolarité:

Léon entame ses études primaires à Cocquilathville (Mbandaka) le chef-lieu de la province. Ensuite, il fait ses études secondaires dans la section administrative et commerciale auprès des Frères des Écoles chrétiennes dans la même ville. C’est à l’école chrétienne de Coquilhatville (l’actuelle Mbandaka) que Léon Lubicz croise pour la première fois un certain Joseph-Désiré Mobutu, de cinq ans son aîné et issu de la communauté ngbandi comme lui.

En 1962, il sollicite une mise en disponibilité et s’envole pour la Belgique où il prend une inscription à l’Université libre de Bruxelles. Il obtient coup sur coup un diplôme de docteur en droit maritime et aérien. Il suit un cycle de formation en criminologie au Palais de la justice à Bruxelles. Durant ses études, il est président du Comité directeur de l’Union des étudiants catholiques africains.

Carrière:

Il commence sa carrière judiciaire comme agent au Parquet de district (commis-greffier) au parquet de District de Cocquilathville en 1958 jusqu’en 1960. A l’indépendance, avec la pénurie de cadres due au départ des Belges, il est muté au Parquet général de Kinshasa. Il est nommé successivement Substitut du Procureur de la République au Parquet de district de Kinshasa (14 octobre 1960), Substitut du Procureur général près la Cour d’appel à Kinshasa (6 juin 1961). Il fréquente l’Ecole nationale de droit et d’administration à Kinshasa en 1961 et décroche un diplôme d’études judiciaires. En 1961, il est désigné membre de la Commission mixte d’enquête sur les incidents de Kindu et de Kongolo.

Au sommet de l’Etat sous la deuxième république :

De retour au Zaïre, il est nommé peu après Conseiller juridique et politique au Bureau du Président de la république (12 janvier 1968). Pur produit du président Mobutu, il a été hissé au sommet des organes de l’ex parti-Etat par la seule volonté de ce dernier. Le 11 avril 1968, il quitte le Bureau du Président de la République pour accéder aux hautes fonctions de procureur général près la Cour d’appel à Kinshasa. Il est promu procureur général de la République le 14 août de la même année.

Kengo a été Premier ministre une première fois de 1982 à 1986, plaçant différents technocrates comme Munga Mibindo à la présidence de la SNEL. Il a ensuite été ministre des Affaires étrangères de 1986 à 1987 et de nouveau Premier ministre de 1988 à 1990.

Positionnement pendant la transition vers le multi-partisme :

C’est par opportunisme politique que Léon Lubitsh Kengo wa Dondo est passé de la mouvance présidentielle à l’opposition congolaise modérée, après avoir longtemps servi de pilier à la dictature mobutiènne. Il s’est retourné contre son maître au point de devenir avec l’aide du capitalisme international son plus grand concurrent, pour ne pas dire son adversaire le plus irréductible. C’est ainsi que durant la période de démocratisation, lorsque le multipartisme fut autorisé, Kengo fut choisi comme Premier ministre en 1994 comme consensus entre Mobutu et le Parlement. Il chassa des membres de la communauté libanaise du Zaïre sur des accusations de trafic illégal de diamants pour le financement de troupes armées.

En 2005, il renonce aux ambitions présidentielles pour se présenter comme candidat aux élections législatives de 2006.

Le 11 mai 2007, Kengo a été élu président du Sénat de la RDC, battant Léonard She Okitundu, pourtant le candidat du parti majoritaire, l’AMP. Il devient de ce fait depuis le 14 mai 2007, date de son investiture, la deuxième personnalité politique de la RDC.

Ses publications :

* La confiscation (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Cour suprême de justice de République du Zaïre, Kinshasa, 1973, 84 p.

* Réflexions sur la filiation hors mariage (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1974

* « Le pouvoir judiciaire sous la deuxième République Zaïroise », in Studia diplomatica, 1975, vol. 28, no 5, p. 501-526

* Vers une société sans prison (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1975

* Considérations sur le projet du nouveau code de la famille (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1976

* L’exécution des jugements (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1978

* L’évolution jurisprudentielle de la Cour Suprême de justice au Zaïre : 1968-1979) (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1979

* De l’acquisition et de la transmission des droits immobiliers en droit zaïrois (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1980

 

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